Contrats publics : il faut indexer les taux horaires des professionnels

Dans un récent billet, je résumais certains faits saillants d’une vaste consultation menée par Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sur l’intérêt des entrepreneurs et des professionnels (architectes et ingénieurs) envers les marchés publics.

À la fin de toute cette démarche, les experts de RCGT ont retenu trois actions prioritaires pour le gouvernement et les donneurs d’ouvrage en fonction de leur « niveau de priorité » et de leur « facilité de mise en œuvre ».

Voici ces trois actions prioritaires :

  1. Développer une attitude collaborative
  2. Instaurer des paramètres de paiement efficace
  3. Indexer les taux horaires des tarifs d’honoraires des architectes et des ingénieurs

Donc, selon Raymond Chabot Grant Thornton, un grand leader dans son domaine, les solutions prioritaires que les donneurs d’ouvrage publics devraient mettre en place afin d’augmenter l’intérêt des fournisseurs sont 1) de développer la collaboration, en mettant de l’avant « la transparence dans les communications » et en faisant en sorte d’« éviter le recours aux pénalités », 2) payer les factures des fournisseurs dans des délais raisonnables, selon un calendrier de paiement prévu et 3) offrir une rémunération adéquate aux professionnels.

Je lis ces actions prioritaires et je me dis que ça doit sembler invraisemblable si vous n’êtes pas familier avec notre industrie… Et pourtant, force est d’admettre que ces recommandations sont pleines de gros bon sens et bien adaptées à la situation actuelle.

Taux horaires gelés… depuis 12 ans

Entre autres, il faut rappeler que les taux horaires payés par le gouvernement aux architectes et aux ingénieurs sont gelés depuis 2009. Depuis 12 ans. La situation est inacceptable et de plus en plus intenable alors que la pénurie de main-d’œuvre accentue la pression sur les salaires.

Ce n’est donc pas du tout étonnant de voir RCGT inclure cet élément parmi ses trois principales recommandations, identifiées en fonction de leur priorité et de leur facilité de mise en œuvre.

L’AFG et l’Association des architectes en pratique privée du Québec (AAPPQ) appuient bien sûr à 100 % cette recommandation. Et récemment, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a ajouté sa voix aux nôtres avec un plaidoyer public en faveur d’une indexation de la grille de rémunération des ingénieurs et architectes.

La décision d’indexer les taux horaires des ingénieurs et des architectes repose entièrement entre les mains du gouvernement, mais il devient pressant de régler cette anomalie.