BIM et virage numérique dans l’industrie de la construction

Il y a quelques semaines, à l’initiative de la table multisectorielle BIM, une lettre signée par l’AFG, l’Association des architectes en pratique privée (AAPPQ) et la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) a été transmise à la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, afin de demander un soutien du gouvernement afin d’aider l’industrie de la construction à réaliser un virage numérique.

Pourquoi cette demande? Parce que le virage numérique s’impose dans un contexte où l’industrie de la construction au Québec doit relever les défis liés à l’innovation, à la compétitivité nationale/internationale, à la productivité et à la qualité.

L’un des principaux volets de ce virage est la modélisation des données du bâtiment (MDB) ou Building Information Modeling (BIM) en anglais. Cette plateforme commune et intégrée de production et d’échange d’information dans les projets de construction engendre des investissements financiers et humains importants de la part de tous les acteurs, en premier lieu les architectes, ingénieurs et entrepreneurs.

L’industrie de la construction demande donc au gouvernement du Québec la mise en place d’une stratégie numérique adaptée, ainsi que le déblocage de fonds nécessaires pour soutenir le virage numérique du secteur.

En génie-conseil, comme dans l’industrie de la construction en général, la transition est définitivement amorcée, mais doit s’accélérer.

Lors d’une table ronde dans le cadre d’un récent événement organisé par le Conseil canadien de la modélisation des données du bâtiment (CanBIM), Claude Décary, président-directeur général de Bouthillette Parizeau et ancien président du conseil d’administration de l’AFG, a fait un état sommaire de la situation quant à l’implantation du BIM en génie-conseil, après consultation auprès des membres du Comité Bâtiment de l’AFG.

En fait, l’utilisation du BIM varie passablement selon différents facteurs.

Entre autres, les équipes de structure de bâtiment ont une longueur d’avance sur celles de mécanique-électrique. Dans certaines firmes, les équipes de structure de bâtiment peuvent réaliser jusqu’à 90 % de leurs mandats en BIM. Des firmes voient même parfois un avantage à utiliser le BIM malgré le fait que les clients ne l’exigent pas. L’utilisation varie donc d’une firme à une autre et même d’une équipe à une autre.

Les donneurs d’ouvrage peuvent également influencer de façon importante l’implantation de cette technologie. Par exemple, la Société québécoise des infrastructures (SQI) agit comme un leader en travaillant avec les fournisseurs pour faire évoluer les pratiques et trouver les meilleures façons de faire. La SQI a d’ailleurs fixé des objectifs ambitieux pour implanter l’utilisation du BIM dans ses projets d’ici 2021.

Dans tous les cas, la voie à suivre ne fait pas de doute : selon un sondage récemment rendu public par l’AFG, les dirigeants en génie-conseil souhaitent augmenter rapidement l’utilisation du BIM dans leur firme d’ici 2020.

Cette volonté est très forte chez les grandes firmes, qui envisagent de réaliser presque tous les projets concernés en BIM d’ici 2020. Les firmes de taille moyenne visent également une intégration élevée, à 80 %. De leur côté, les plus petites firmes anticipent de réaliser environ 50 % de leurs projets pertinents en BIM.

Bref, le BIM semble d’ores et déjà un outil incontournable pour favoriser une productivité améliorée, de même que la meilleure qualité dans l’industrie de la construction.

L’AFG souhaite donc contribuer à accélérer le virage numérique et à encourager une implantation rapide du BIM dans toutes les firmes de génie-conseil au Québec.

 

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