Virage santé et sécurité chez Hydro-Québec

La directrice principale – Expertise pour Hydro-Québec Innovation, équipement et services partagés, Anick Tremblay, était de passage à l’AFG ce jeudi matin pour une conférence sur le virage santé et sécurité (SST) amorcé chez Hydro-Québec.

Pour ceux qui ne connaissent pas déjà notre invitée, je vous invite à consulter la revue PLAN de l’Ordre des ingénieurs, qui présente dans son dernier numéro son parcours professionnel (pages 28-29).

Dans sa division chez Hydro-Québec, Anick Tremblay poursuit la mission de fournir l’expertise technique en conception, en sécurité au travail et en réalisation des projets de production et de transport d’électricité.

En termes de santé et sécurité, malgré des performances largement supérieures à la moyenne dans l’industrie, des accidents dans les projets de construction d’Hydro-Québec ont tout de même causé des décès au cours des dernières années.

En 2017, après le décès de trois personnes l’année précédente, la société d’État a décidé d’entreprendre un virage dans le but de devenir une référence en SST dans l’industrie de la construction. Un travail sérieux a permis d’identifier des pistes d’améliorations. De plus, en se balisant auprès des leaders en SST, Hydro-Québec a fait un constat fondamental : il n’y a pas de lien entre la baisse du nombre total d’incidents et les accidents graves. Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut donc s’attaquer aux deux aspects de façon spécifique.

Source : Hydro-Québec

Au niveau des accidents graves et les décès, Hydro-Québec a identifié 9 dangers critiques, les deux principaux étant les « sources d’énergie » et les « véhicules en mouvement ».

Une fois les dangers identifiés, le défi est ensuite de faire évoluer les pratiques. Évidemment, un changement de culture de cette envergure demande beaucoup de temps et d’efforts. Depuis le début du virage il y a deux ans, les gestionnaires d’Hydro-Québec ont réalisé pas moins de 20 000 interventions sur les chantiers pour sensibiliser les travailleurs aux risques.

De plus, le programme mis de l’avant par Hydro-Québec prévoit que des analyses de risques en SST soient faites durant toutes les phases de réalisation du projet, autant lors de l’avant-projet et de l’ingénierie détaillée que lors de la construction. Hydro-Québec demande aussi à ses fournisseurs d’identifier les risques pour compléter les plans d’actions si nécessaire.

C’est là où les firmes de génie-conseil peuvent contribuer au succès de ce virage SST et permettre à Hydro-Québec d’aller plus loin. Anick Tremblay a incité les firmes à réfléchir aux 9 dangers critiques, particulièrement les deux principaux, et à garder en tête, à l’étape de la conception, l’aspect « humain » des projets. Le message est donc lancé et je n’ai aucun doute que le génie-conseil québécois pourra contribuer positivement à ce virage qui aura éventuellement le potentiel d’inspirer plusieurs autres acteurs dans l’industrie de la construction…


De gauche à droite : André Rainville (AFG), Nancy Guénette (HQ), Michel Pellerin (HQ), Sophie Gour (HQ), Jean Bernier (Solmatech), Anick Tremblay (HQ), Éric Cossette (AECOM), Isabelle Jodoin (Stantec), Jean Lavigne (EXP).

Photo de couverture : Construction de la centrale Romaine-2 (Octobre 2012)