Des améliorations nécessaires en surveillance des travaux

Lors d’une table ronde au programme de l’événement Contrats publics présenté par Les Affaires le 11 février dernier, quatre intervenants chevronnés ont discuté de certains enjeux liés à la surveillance des travaux de construction.

La présidente de l’Ordre des ingénieurs (OIQ), Kathy Baig, a notamment situé cette responsabilité dans un contexte plus large. « Quand on parle de surveillance de chantiers, on prend une variable sur un concept beaucoup plus grand, qui est une culture qualité vers laquelle on veut aller. On veut des infrastructures d’une meilleure qualité. Ça passe par la surveillance des chantiers, mais ça passe par plusieurs autres variables également, dont la règle du plus bas soumissionnaire qui a un impact sur la qualité des professionnels que l’on recrute et le temps qu’on leur alloue. »

En réponse à une question du modérateur Sébastien Laprise, de Langlois avocats, elle a également confirmé que le choix de confier la surveillance des travaux à la firme qui a réalisé la conception était aussi valable sur le plan déontologique que de confier la surveillance à une autre firme, en rappelant que des conflits d’intérêts peuvent survenir dans les deux cas.

L’inspecteur général au Bureau de l’intégrité professionnelle et administrative (BIPA) de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, a insisté pour sa part sur la sélection, l’encadrement et aussi la formation du personnel. « Il n’y a rien de pire que d’envoyer quelqu’un, sans lui donner les instructions, confronter des gens qui ne sont pas nécessairement de son équipe. Ça pose des problèmes. »

De son côté, Pierre Egesborg, inspecteur général adjoint au Bureau de l’inspecteur général (BIG) de la Ville de Montréal, a déploré le manque de temps de préparation des surveillants de chantiers. « Une lacune que nous avons observée sur les chantiers, c’est la méconnaissance du cahier des charges par le surveillant responsable de l’exécution des travaux. » Un avis partagé par les autres panélistes, selon lesquels les plans de surveillance sont souvent inexistants ou qu’ils ne contiennent que de simples énoncés de principes généraux.

Finalement, Éric Côté, président-directeur général de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, a noté que l’autonomie et la disponibilité des surveillants de chantiers, dans les cas de surveillance partielle, étaient des éléments parfois problématiques. « Souvent, il arrive que le surveillant ne soit pas sur place, donc il faut suspendre l’exécution, ce qui peut éventuellement occasionner un impact sur l’échéancier. »

Les intervenants s’entendaient aussi sur l’importance du soutien de l’équipe et de la capacité du surveillant de chantier à obtenir de l’aide au besoin, des éléments souvent essentiels pour assurer la réussite des mandats de surveillance.

Il semble donc y avoir encore du travail à faire pour améliorer la surveillance des travaux. L’OIQ souhaiterait d’ailleurs que la surveillance devienne obligatoire au Québec, comme c’est le cas dans d’autres provinces. Cela permettrait certainement de mieux structurer cette fonction importante en réalisation de projets. L’AFG défend la même position. Pour plus d’information sur les bonnes pratiques dans ce domaine, consultez le Guide de surveillance des travaux de l’Ordre des ingénieurs du Québec.