Numérique et productivité dans la construction : des résultats positifs

Numérique et productivité dans la construction : des résultats positifs

Retards de livraison, dépassements de coûts, manque de main-d’œuvre, complexité croissante des projets, pression sur la rentabilité… L’industrie de la construction québécoise fait face à des défis majeurs qui affectent autant les grands donneurs d’ouvrage publics que les entreprises du secteur.

Dans ce contexte, une étude coordonnée par l’Institut de gouvernance numérique et menée par la firme E&B Data a cherché à clarifier le lien entre la transformation numérique et les gains de productivité, qui seront nécessaires pour relever les défis liés au développement et au maintien des infrastructures dans les prochaines années.

Les résultats de cette étude ont été présentés lors d’un webinaire organisé aujourd’hui par la Feuille de route gouvernementale pour le BIM.

Les résultats ne présentent pas de données sur les firmes de génie-conseil, mais permettent néanmoins des constats intéressants dans l’industrie de la construction.

Plus précisément, l’étude a été menée auprès d’entreprises québécoises de l’industrie de la construction qui déclarent des heures à la Commission de la construction du Québec (CCQ). Près de 200 entrepreneurs généraux et spécialisés ainsi que des fournisseurs-installateurs et autres entreprises qui ont amorcé un processus de transmission numérique ont participé à l’étude.

Résultats clairs et positifs

Les conclusions de l’étude démontrent que l’intégration d’outils numériques avancés (gestion de projets, estimation, BIM, ERP, etc.) donne des résultats positifs :

  • Des gains de productivité de 5 à 15 %.
  • Une réduction marquée des coûts et des pertes.
  • Une accélération de la capacité de livraison des chantiers.
  • Une amélioration de la qualité et de la planification.
  • Un partage de données numériques entre partenaires, qui optimise la chaîne de valeur et facilite la réalisation des grands projets publics et privés.
  • 92 % des entreprises sondées prévoient poursuivre leurs investissements numériques, considérant la numérisation comme essentielle à leur rentabilité et à leur résilience.

Des freins à la numérisation des entreprises

Malgré les bénéfices démontrés, deux défis majeurs ralentissent l’adoption généralisée du numérique :

  • Le manque de ressources humaines qualifiées à l’interne (expertise, temps disponible).
  • Des capacités financières limitées pour absorber les coûts initiaux liés à la transformation numérique.

L’étude conclut ainsi que sans soutien externe, trop d’entreprises risquent de rester en marge de la transformation, ce qui freine l’évolution globale du secteur.

Des recommandations au gouvernement

Au final, l’étude permet d’identifier des actions à poser par le gouvernement afin que la numérisation devienne la norme et que l’industrie de la construction puisse livrer plus, mieux et plus vite :

  • Amplifier le soutien financier et son accompagnement auprès des entreprises du secteur.
  • Favoriser l’atteinte d’une masse critique d’entreprises engagées, afin de déclencher une dynamique d’adhésion généralisée et normaliser les pratiques innovantes.
  • Investir dans l’Initiative québécoise pour la construction (IQC 4.0), qui offre aux entreprises des plans d’action, accompagnement technique et soutien financier pour accélérer leur transformation numérique.
  • Profiter d’un retour sur investissement rapide et mesurable : chaque dollar investi dans la numérisation est rapidement récupéré par l’augmentation des revenus fiscaux et la croissance de l’activité économique.