La population québécoise priorise la qualité pour l’ingénierie de nos infrastructures

Au printemps, tout juste avant la « pause » de la COVID-19, l’AFG avait commandé auprès de la firme Léger un sondage pour mesurer l’opinion des Québécois quant à l’importance des firmes de génie-conseil pour les infrastructures et l’environnement.

Plus précisément, nous voulions savoir si la population privilégiait la qualité plutôt que le plus bas prix pour la sélection des firmes de génie-conseil mandatées pour concevoir nos infrastructures.

Et nous voulions connaître les perceptions de la population face au rôle des ingénieurs dans la lutte aux changements climatiques.

Je vous dévoile aujourd’hui en primeur les résultats complets de ce sondage.

Ingénierie : la qualité plutôt que le plus bas prix

C’est une position défendue par l’AFG depuis longtemps : les firmes de génie-conseil doivent être sélectionnées sur la base de la qualité avant tout; Pour la simple et bonne raison que les honoraires représentent seulement une petite fraction du coût global d’un projet et que c’est la portion conception, réalisée par les ingénieurs, qui aura le plus grand impact sur la qualité et la durabilité de celui-ci, soit pour toute la durée de vie d’un ouvrage et pour le plus bas coût de possession (conception, construction, exploitation et entretien).

Au cours des deux dernières années, nous avions constaté un solide appui à l’égard de notre position par des ordres professionnels et des organisations dans les milieux de l’ingénierie, de l’architecture, de la construction, de l’environnement, de la gestion de projet, des affaires, etc. Plusieurs experts et organisations avaient appuyé nos représentations contre un projet de règlement qui aurait permis la sélection des firmes de génie-conseil sur la base du prix par les ministères et organismes publics (consultez notre DOSSIER SPÉCIAL pour plus d’information).

Cependant, malgré les nombreux appuis, nous n’avions aucune donnée sur l’opinion de la population québécoise.

Nous voilà maintenant mieux éclairés : 92 % de la population est en accord avec l’affirmation selon laquelle « les firmes d’ingénierie mandatées pour concevoir nos infrastructures (routes, ponts, écoles, etc.) devraient être choisies d’abord sur la base de la compétence/qualité plutôt que sur la base du plus bas prix. » C’est un résultat extrêmement convaincant.



Le dossier des modes d’octroi des contrats publics relève désormais de la nouvelle présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. Souhaitons que son expérience avec le milieu de la construction sera un atout pour favoriser les meilleures pratiques dans cette industrie.

Ingénierie et changements climatiques

De notre point de vue, il est évident que les ingénieurs (et les firmes de génie-conseil) jouent un rôle essentiel dans la lutte aux changements climatiques. Ce sont les ingénieurs qui doivent développer des solutions durables pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et limiter les impacts des changements climatiques.

Dans le même sondage de Léger, nous avons voulu mesurer la perception de la population québécoise sur cette question.

En général, les résultats sont satisfaisants, mais le sondage a permis de relever des écarts significatifs selon le domaine d’expertise.

Par exemple, les gens sont nombreux à reconnaître l’importance du rôle des ingénieurs au niveau de l’efficacité énergétique des bâtiments (89 %) et de la production d’énergie propre (88 %). Ce sont des domaines bien visibles de l’expertise du génie-conseil.

À l’inverse, les gens semblent moins réaliser l’importance du rôle des ingénieurs dans la protection de la faune et de la flore (79 %) et dans la gestion des eaux de pluie (78 %). Nous aurons certainement avantage à mieux faire valoir les réalisations dans ces domaines.

Je vous invite à consulter les résultats détaillés, qui sont décortiqués dans le rapport de la firme Léger selon différents critères comme le sexe, l’âge ou la scolarité des répondants.

CLIQUEZ ICI pour consulter les résultats complets


Photo de couverture : Projet de reconstruction du pont au-dessus de la rivière Mistassini, par le consortium Stantec | SNC-Lavalin, finaliste aux Grands Prix du génie-conseil québécois 2019. Les coûts de construction de ce pont se sont avérés particulièrement économiques en comparaison avec des ouvrages de même envergure. Ce prix concurrentiel peut être partiellement justifié par des choix de conception facilitant la construction au chantier, par exemple, en positionnant les piles en rivière dans des endroits faciles d’accès ne nécessitant pas d’ouvrages temporaires importants. La conception a été optimisée sur plusieurs autres aspects, notamment en minimisant le nombre de poutres en acier, sans pour autant exiger à l’entrepreneur des méthodes de construction inusitées ou trop onéreuses.