Vers une grappe de la construction

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La vice-première ministre, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, en a lancé officiellement ce matin en conférence de presse la démarche qui mènera à la création d’une grappe dans le secteur de la construction. La démarche comprend la réalisation d’une étude et l’organisation de chantiers de réflexion qui se tiendront à Québec et à Montréal cet automne.

L’AFG participe à cette initiative et j’étais donc présent à cet événement auquel assistaient également plusieurs médias, de même que des représentants de l’industrie qui font partie de la Table des partenaires pour la grappe dans le secteur de la construction.

À ce sujet, je tiens à souligner le leadership exemplaire du CPQ et de son président-directeur général Yves-Thomas Dorval, qui continue son excellent travail de mobilisation en vue de faire naître ce regroupement.

Le jeu en vaut la chandelle, puisque la grappe de la construction vise entre autres le développement d’une culture collaborative, l’innovation, la productivité et la compétitivité dans une industrie qui a besoin de se moderniser.

Ceci dit, alors que les objectifs de la grappe sont des plus positifs, le projet de Règlement modifiant le Règlement sur les contrats de services des organismes publics, dont je vous parlais avant les vacances de la construction, continue de soulever de très vives inquiétudes dans le secteur des services professionnels, dans l’industrie de la construction et bien au-delà. Le projet de règlement peut encore être modifié, mais il reste de moins en moins de temps pour ce faire et il faudra une bonne dose de volonté politique pour éviter un dérapage annoncé.

En résumé, un article de ce projet de règlement propose de permettre la sélection des firmes d’architecture et d’ingénierie selon trois formules qui favorisent toutes le plus bas soumissionnaire. Ces formules ne sont pas adaptées aux services professionnels et certaines sont même pires que les pratiques dénoncées par la Commission Charbonneau! Entre autres, une des options serait de sélectionner les fournisseurs uniquement sur le plus bas prix, sans aucune considération pour la compétence des professionnels.

C’est une orientation qui est difficile à comprendre et qui est en contradiction avec plusieurs autres orientations du gouvernement, notamment avec les objectifs de la future grappe. C’est évident, on ne fait pas d’innovation quand le plus bas prix décide de tout…

La ministre Anglade mentionnait ce matin l’importance d’une grappe pour assurer la cohérence dans une vaste industrie comme celle de la construction. Je suis tout à fait d’accord avec cette affirmation.

Mais en attendant la création de la grappe, le gouvernement devra faire preuve d’une très grande vigilance pour éviter de prendre des décisions qui entraîneront des conséquences négatives (détérioration des services, diminution de la qualité, augmentation des coûts de construction, etc.) sur plusieurs années à venir.

Aujourd’hui, c’était une belle annonce de la ministre et nous devons nous réjouir de voir le dossier de grappe suivre son cours, mais je vous reparlerai très bientôt de ce projet de règlement sur les modes d’octroi de contrats pour lequel les consultations se terminent cette semaine…

 

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