Les modes de réalisation représentent-ils une solution à la surchauffe dans l’industrie de la construction?

Dans mon dernier billet, je vous rapportais que le gouvernement était en mode recherche de solutions pour répondre à la demande dans le contexte d’effervescence dans l’industrie de la construction.

Les modes de réalisation représentent-ils une solution à la surchauffe? C’est très certainement une des questions que se pose le gouvernement en ce moment.

La question des modes de réalisation était justement le sujet d’une table ronde de la conférence Infrastructures et grands projets publics, présentée par Les Affaires le 23 octobre. J’y participais comme panéliste en compagnie de Pierre Hamel, de l’Association de la construction du Québec (ACQ) et de Pierre Tremblay, de l’Association des constructeurs et grands travaux du Québec (ACRGTQ).

Je pense que nous étions tous les trois d’accord pour dire que tous les modes de réalisation peuvent être utiles, mais qu’il faut choisir le bon mode en fonction d’une analyse spécifique, rigoureuse, à chacun des projets. Différents critères doivent être considérés tels la complexité, l’envergure et l’échéancier du projet et la capacité financière, la tolérance au risque et la capacité de gestion du donneur d’ouvrage.

Chacun des modes de réalisation présente des avantages et des inconvénients, dont les donneurs d’ouvrage doivent tenir compte dans leur évaluation.

Il faut aussi considérer le contexte économique. Par exemple, en situation de pénurie de main-d’œuvre comme c’est le cas actuellement, il peut s’avérer moins judicieux de faire travailler plusieurs équipes de conception sur un même projet, comme c’est le cas par exemple dans un « clés en main » ou un PPP.

Les modes de réalisation n’ont pas beaucoup évolué au Québec au cours des 20 dernières années. Les modes connus et couramment utilisés sont demeurés les mêmes, avec quelques variantes. Il y a quand même une certaine tendance, depuis quelques années, vers des modes de réalisation qui impliquent plus de collaboration entre tous les intervenants. C’est très positif.

Entre autres, la réalisation de projet intégrée (RPI), ou Integrated Project Delivery (IPD) en anglais, est une de ces nouvelles tendances qui semble très intéressante.

Dans ce mode, toutes les parties signent un contrat multipartite et collaborent étroitement tout au long du projet, de la conception à la réalisation. Ils participent tous à la prise de décision et partagent les risques et les bénéfices associés au projet. Ce mode de réalisation est utilisé en Ontario, aussi bien dans les grands projets d’infrastructure que dans les projets de bâtiment, mais pas encore vraiment au Québec… voilà certainement une approche qui devrait être analysée.

Ceci dit, le message de nos membres est clair : l’industrie du génie-conseil peut contribuer à des projets dans tous les modes de réalisation et les firmes ont la volonté de répondre aux demandes des donneurs d’ouvrage.