COVID-19: l’industrie du génie-conseil prête à en faire plus

Il y a deux semaines déjà, l’AFG avait mené une première consultation auprès de ses membres pour connaître l’état de la situation dans l’industrie du génie-conseil, à la suite des premières mesures d’envergure adoptées par le gouvernement face à la pandémie de COVID-19.

La situation semblait relativement sous contrôle, la majorité des firmes étant équipée pour continuer le travail à distance. Des consignes avaient également été données pour augmenter la sécurité sur les chantiers.

Mais l’annonce de la fermeture de tous les commerces et entreprises non essentiels au Québec de même que les chantiers de construction a créé des impacts importants pour les firmes de génie-conseil, comme le révèle un nouveau sondage sur l’état de la situation réalisé par l’AFG en date du 30 mars.

D’abord, depuis la semaine dernière, le pourcentage de firmes qui a mis en place un plan de continuité des affaires est passé de 78 % à 100 %. C’est une première donnée rassurante sur la capacité d’adaptation de l’industrie.

Ensuite, 58 % des firmes réussissent pour le moment à maintenir 80 % de leurs activités. C’est une donnée positive, mais qui démontre également que de plus en plus de firmes subissent des impacts majeurs.

En effet, 19 % des firmes ne parviennent pas à maintenir au moins 50 % de leurs activités. Évidemment, les firmes qui se spécialisent dans les interventions sur le terrain sont affectées beaucoup plus durement, tandis que les activités de planification et de conception sont moins touchées.

Dans un même ordre d’idées, la fermeture des chantiers et les ralentissements chez certains donneurs d’ouvrage provoquent des mises à pied. La situation varie considérablement d’une firme à l’autre. Certaines firmes n’ont fait aucune mise à pied jusqu’ici, alors que d’autres ont dû briser le lien d’emploi avec plus de 50 % de leur personnel. Et les données ne tiennent pas compte des nombreux surveillants de chantier qui étaient déjà en mise en pied temporaire durant la saison hivernale et qui étaient sur le point de revenir au travail.

Pour réduire les dommages, des firmes envisagent de profiter du programme d’aide du gouvernement fédéral au niveau des subventions salariales, et d’autres ont opté pour le temps partagé.

Au niveau des secteurs d’activité, l’énergie et les télécommunications s’en sortent bien, puisque ce sont des activités prioritaires.

Le domaine industriel est affecté de façon significative, avec des fermetures d’usines et le très haut degré d’incertitude actuel. Évidemment, de par leur nature, les secteurs géoenvironnement et ingénierie des sols et matériaux sont lourdement affectés.

Mais c’est le domaine municipal qui semble le plus touché par la crise à ce moment-ci. On peut comprendre que les villes accordent une priorité aux opérations. Et plusieurs municipalités ne disposent possiblement pas des ressources pour assurer la continuité des projets.

Ceci dit, il faut s’attendre à une période assez longue de restrictions sanitaires et dans ce contexte, les municipalités auraient avantage à mettre en place des moyens qui leur permettront de préparer leurs projets d’infrastructures avant l’été, parce que malgré la crise, l’hiver ne sera pas retardé.

C’est la raison pour laquelle en collaboration avec l’Association Québécoise des entrepreneurs en infrastructure (AQEI), nous avons suggéré à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest d’accepter dès maintenant la transmission électronique des offres de service et des soumissions dans les municipalités. Dans le contexte actuel, cette mesure permettrait de réduire l’impact de retards majeurs dans les projets d’infrastructures.

Entre-temps, les firmes continuent d’offrir des services à distance, et 62 % d’entre elles soutiennent les services essentiels. Par exemple, des firmes de génie-conseil contribuent à des projets reliés aux établissements de santé, aux usines d’eau potable/usées, à la gestion des matières résiduelles, l’approvisionnement en énergie, etc.

Ce ne sont toutefois pas ces mandats qui occupent une grande partie de la main-d’œuvre.

Le manque d’activité pouvant se réaliser à distance figure d’ailleurs parmi les plus grandes préoccupations actuellement pour 50 % des firmes de génie-conseil, avec la perte de contrats (35 %) et le manque de contrats pour la sortie de crise (31 %).

Pour les semaines et les mois à venir, le manque de liquidité (58 %) et le ralentissement économique (77 %) sont les risques les plus préoccupants pour l’industrie.

À l’inverse, l’adaptation des méthodes de travail (19 %), le manque de personnel (8 %) et la capacité de redémarrer après la crise (12 %) ne sont pas de grandes sources de préoccupations.

Conclusion : les firmes de génie-conseil sont bien structurées et sont en mesure de réaliser plus de projets. Elles pourront aussi contribuer à la reprise, si on leur en donne la possibilité.

D’ici là, nous allons continuer à assurer une vigie en continu, à maintenir les communications avec les grands donneurs d’ouvrage et à proposer des solutions pour diminuer autant que possible les impacts de la crise.

Pour suivre les nouvelles liées à la COVID-19 qui touchent les firmes de génie-conseil, consultez le dossier spécial sur notre site Internet : www.afg.quebec/coronavirus.