Capter les émissions à la source

Alors qu’elle a fait la manchette l’an passé pour ses émissions d’arsenic dans l’air, l’Affinerie CCR était en train de mettre sur pieds d’importants dispositifs pour diminuer ses rejets de polluants. Une amélioration possible grâce à l’apport de la firme Tetra Tech, qui a mis sur pied différents mécanismes de filtration novateurs permettant de capter à la source les substances provenant du four de cuivre de la compagnie.

Un travail sur plusieurs années qui aura permis la mise en place des équipements requis pour capter et filtrer les émissions issues d’un four de fusion de cuivre, notamment un nouveau dépoussiéreur. L’équipe voulait également intercepter les émanations directement à la source ce qui, jusqu’à maintenant, n’avait jamais été réussi, ici comme ailleurs, explique Jonathan Houle, ingénieur et directeur de ce projet lauréat dans la catégorie industrie aux Grands Prix du génie-conseil québécois 2019. « Souvent, dans un procédé industriel critique à l’opération, on fait appel à des technologies et à des concepts qui ont déjà prouvés qu’ils fonctionnaient ailleurs, réduisant ainsi les risques technologiques et d’arrêt de production. Ici, on devait partir d’une feuille blanche. »

Installer des hottes, raccordées à des conduits de ventilation capables de résister à de grandes variations de température, dont les émanations sont ensuite filtrées par un dépoussiéreur, le tout mené dans une usine en opération constituait un aussi défi multiple ! Mais la conception des hottes a demandé une bonne dose d’innovation, car il fallait trouver la hauteur idéale pour capter les émanations efficacement, sans entraver la visibilité des opérateurs. « On devait aussi considérer les chaleurs générées par les opérations. Plus la hotte est près du procédé à 1200 °C, plus elle doit être robuste pour résister à la chaleur, ajoute l’ingénieur. Finalement, un courant d’air au-dessus du cuivre liquide peut refroidir le cuivre qui est très près de son point de fusion. On devait s’assurer que le cuivre ne ‘gèle’ pas avant de se retrouver dans le moule. » 

« Selon les références, il est exceptionnel de réussir un projet de capture et de filtration de cette complexité du premier coup », poursuit Jonathan Houle. Défi relevé, alors que le procédé mis sur pied par Tetra Tech a déjà servi d’inspiration dans une usine de cuivre au Chili ! Ce projet, qui aura coûté 24 M$, aura aussi permis de cumuler des connaissances et servir dans d’autres usines, notamment de transformation du métal, espère Jonathan Houle.

NDLR : Ce texte est tiré du dossier spécial publié par Les Affaires sur les Grands Prix du génie-conseil québécois 2019.

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À propos de l’auteure : Anne-Marie Tremblay est une journaliste indépendante comptant plus de 10 ans d’expérience, qui a également de l’expérience comme coordonnatrice de contenus, rédactrice en chef et pupitreuse. Les sujets de nature sociale, communautaire et locale figurent parmi ses champs d’intérêt. Elle a assuré la rédaction des textes dans plus d’un dossier sur les Grands Prix du génie-conseil québécois publié dans le journal Les Affaires.